Image Enjeux Sociétaux

L’appel à projets « Enjeux Sociétaux » (AAP ES) entend financer des projets de recherche et valorisation pluridisciplinaires / interdisciplinaires et collaboratifs portés par les Sciences Humaines et Sociales (SHS) autour des enjeux de société. Il a pour ambition d’encourager la recherche ligérienne à investir les enjeux sociétaux et les opportunités associées.

Cet AAP soutient les projets menés en partenariat avec des acteurs institutionnels et/ou du monde socio-économique et engageant des actions de médiation et de valorisation des résultats originales, avec et/ou pour le grand public.

L’AAP ES se positionne ainsi comme un dispositif « tremplin », favorable à un tel positionnement des SHS et jouant un rôle d’impulsion de nouveaux projets innovants autour des enjeux de société.

Conformément aux missions portées par les MSH, les associations disciplinaires mises en œuvre au sein des projets pourront être intra-SHS (pluridisciplinarité) mais également entre les SHS et les autres disciplines (interdisciplinarité).

OBJECTIFS


Les actions de recherche partenariale/participative proposées dans le cadre de cet AAP répondront aux objectifs suivants :
 
  • Développement de collaborations et de partenariats entre chercheurs SHS et acteurs de la société ;
  • Importance accordée aux actions de valorisation non académique : organisation d’événements à destination du public, développement de dispositifs de médiation scientifique, réalisations en collaboration avec des partenaires socio-économiques ;
  • Diffusion et animation du débat sociétal ;
  • Démarche de recherche appliquée ou partenariale, orientation vers la science citoyenne et participative.

AXES THEMATIQUES


En adéquation avec les enjeux stratégiques identifiés à l’échelle régionale, nationale et européenne, l’AAP ES retient 4 thématiques prioritaires, qui permettront aux SHS de marquer leur spécificité et leur légitimité dans le débat sociétal.


Cyber-sécurité

La cybersécurité, qui vise à la protection des personnes, des données et des systèmes informatiques à l’échelle des États et des organisations, ne se limite pas à des dispositifs ou procédés technologiques (mécanismes de sécurité) puisqu’elle implique des dispositifs juridiques, des mesures politiques et des actions de gestion des risques, de formation et d’encadrement des pratiques. L’apport de la recherche en SHS paraît donc essentiel pour couvrir l’ensemble des champs d’application d’un enjeu qui est institutionnel et organisationnel autant qu’il est citoyen, en tant qu’il concerne chacun.

La MSH Ange Guépin souhaite encourager le développement d’une expertise propre aux SHS dans ce domaine, tout en affirmant la pertinence des collaborations avec les Sciences de l’Informatique et du Numérique.

La perspective portée par la SHS permet en outre d’élargir la question de la cybersécurité aux enjeux plus généraux des usages sociaux du numérique susceptibles de menacer l’intégrité des personnes (cybermalveillance, exposition de la vie privée, harcèlement, etc.) ou de déstabiliser les institutions et les pratiques démocratiques (cyberterrorisme, fausses informations, incitation à la haine ou à la violence, etc.).

Les projets pourront s’inscrire en particulier dans les axes thématiques « Enfance & Jeunesse » et/ou « Risques, Sociétés, Cultures » de la MSH Ange Guépin.


Mémoires, Héritages, Transmissions, Patrimoines

Cet enjeu, qui touche à la question de notre rapport individuel ou collectif au temps – pas seulement dans sa dimension passée – peut couvrir un large prisme disciplinaire.

Si les notions de mémoire, héritage ou patrimoine sont généralement associées au champ des sciences historiques ou des études touchant à l’art, à la littérature et à la culture en général, elles relèvent tout autant d’enjeux socio-économiques (ex. économie de la culture et du patrimoine) et de questions d’ordre juridique (ex. protection et préservation du patrimoine, qu’il soit matériel ou immatériel).  Par ailleurs, la mémoire comme les processus de transmission (éducation, traditions, etc.) contribuent à définir des cadres relationnels ou psychiques subtils et complexes. C’est pourquoi ces enjeux pourront être rapprochés de questions relatives au genre, à l’inclusion, aux minorités, ou encore aux processus de construction de l’identité individuelle ou collective, dans une dimension qui peut relever de la psychologie, de la sociologie, de l’anthropologie, du droit ou des sciences politiques. Les questions d’inscription dans un espace ou un environnement donné sont elles aussi à prendre en considération.

On sera également attentif aux projets relevant de l’étude et de la transmission du patrimoine historique, artistique ou culturel en tant que tel, dans la mesure où ceux-ci pourront s’inscrire dans une perspective d’ouverture vers le public.


Crise environnementale et transformations sociétales

Il serait illusoire de penser que la technologie et l’ingénierie environnementale suffiront seules à résoudre la crise profonde née de l’anthropisation galopante du monde. La perspective d’un avenir douloureux et incertain oblige à repenser en profondeur les modalités de notre vie en société et de notre relation avec le reste du vivant.  Elle requiert plus généralement d’interroger les paradigmes de notre rapport au monde et à l’environnement. La complexité d’une telle démarche, ainsi que l’approche globale qu’elle suppose, impose une collaboration pluri et interdisciplinaire.  

On mobilisera par conséquent l’expertise des SHS dans leur capacité à penser, évaluer, modéliser les processus et les dynamiques de transformation et d’évolution des sociétés et des systèmes, que ceux-ci relèvent de choix délibérés, de l’engagement et de l’action politique ou qu’ils soient motivés par des formes plus spontanées d’adaptation/résilience ou de résistance.

On n’hésitera pas à solliciter les approches reposant sur l’imaginaire ou la création dans leur dimension performative et leur pouvoir d’inspiration. On sera également attentif aux travaux interrogeant les formes nouvelles de la sensibilité au monde et à l’Autre, de l’attention et du soin. Les approches mettant en œuvre une perspective plus institutionnelle ou organisationnelle (management du risque, aménagement du territoire, etc.) seront également bienvenues.

Les projets organisés dans la perspective de la science citoyenne/participative seront particulièrement appréciés dans ce cadre.


Pratiques de la démocratie en question

Le modèle démocratique occidental issu de la pensée des Lumières subit des remises en cause de plus en plus marquées, dont les fondements philosophico-politiques sont très divers. De la même manière, le discours relatif à la crise des institutions, voire à la crise de civilisation, occupe de plus en plus la scène politico-médiatique.

Parallèlement, les aspirations collectives à un renouvellement du débat démocratique, à une redéfinition des normes et des usages de la vie politique et institutionnelle, s’expriment avec une vivacité et une force qui laissent entendre que le désir de démocratie n’est pas éteint.  Il faut également prendre en compte l’émergence de nouvelles revendications portées par des communautés ou des groupes sociaux longtemps cantonnés au statut de minorités ou victimes d’une absence de reconnaissance.

On considère aussi communément que la fin de la bipolarisation issue de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide (monde libre et démocratique vs totalitarisme soviétique) a conduit à de nouveaux équilibres mettant au défi la culture et les valeurs des démocraties occidentales.

A travers cette thématique, la MSH Ange Guépin souhaite promouvoir les travaux portant sur les conditions d’exercice du débat et de la liberté dans l’espace démocratique. Les approches pourront adopter une perspective large (géopolitique, histoire et philosophie politiques, histoire des institutions, etc.) ou, dans une dimension plus sociologique, développer des études de cas, d’expériences, de terrain.

Les lauréats de l'appel à projets